Les Yoga Sutras de Patanjali vs Madagascar

27 Avr

Ma formation de prof de yoga a enfin commencé !

La première semaine vient de s’écouler : une immersion totale dans la pratique, lectures et réflexions…

La formation se passe à Bruxelles. Nous sommes un groupe de 14 filles, sympas et de toutes nationalités, les cours sont en anglais et les 200 heures se feront de manière semi-intensive: 3 mois au total avec 1 semaine intensive entre chaque mois.

Arrivée à la fin de cette première semaine intense, je m’apprêtais à passer quelques jours de repos et méditation avec mon chat. Histoire de digérer tout le tourbillon d’informations après les cours.

Mes plans ont changé quand à peine de retour à la maison, je reçois l’appel des gens de ma «famille» (très lointaine), m’annonçant qu’ils «débarquaient» le lendemain chez moi !

Ce n’est pas ça ce que j’avais planifié ! Mais c’est à partir de ce moment que j’ai du mettre en pratique les leçons fraîchement apprises…

Nous voilà réunis. Dans notre quête de socialisation, je rappel que je ne connaissais pas mes braves hébergés, chaque sujet abordé révélait nos profondes différences et nos façons antagoniques de vivre nos existences.

Et des questions existentielles, j’en avais plein la tête, justement ces jours là.

Voilà un petit aperçu des dialogues, genre « Cantatrice Chauve », qui ont suivit mes jours :

Eux : «Mais, tu ne manges pas de viande, c’est pour ça que tu es si mince !»
Moi :

«Si mince» signifiant à leur yeux «affamée». Bon, je n’avais pas envie d’entamer une dissertation sur les sources alternatives à la protéine animal et de contrarier le bon nombre des idées reçues sur la question.

Eux :  «Tu as vu Madagascar
Moi : Non !
Eux : «Tu as vu… ?»
Moi : Non !
Eux : «Tu as vu… ?»
Moi : Non !

Je sentais comment à chacune de mes négations, je faisais preuve d’une grande inculture en matière de cinéphilie hollywodienne et d’animation

Eux : «Hé, tu n’as pas de télé, alors ?»
Moi : Non !

C’est quoi le rapport ?

Eux : «Tu n’es jamais allée à Disneyland ?»
Moi : Non !

Et là, je vois tristesse et étonnement dans leurs yeux : «Oh, la pauvre, elle n’y connaît pas !»

Bref, j’entendais des blagues «pas drôles». Des gens qui parlaient beaucoup et très fort. J’étais confuse, moi qui voulais juste discuter avec mon chat, méditer et me ressourcer…

Je commence donc à vider mon sac, encore rempli de livres de la formation. Je sors en premier Les Yoga Sutras de Patanjali… et voilà comment il s’est avéré mon petit manuel de survie !

Les Yoga Sutras de Patanjali

Rendez Vous Yoga - YogaSutrasPatanjali

Les Yoga Sutras de Patanjali est un traité de sagesse, un recueil de 195 aphorismes, écrit il y a plus de 2000 ans par Patanjali, considéré le « Fondateur du Yoga » (ni plus ni moins !).

Les yoga sutras traite de l’univers intérieur de l’homme et des moyens à mettre en œuvre pour se libérer ou du moins réduire la confusion, l’agitation permanente du mental qui est la cause de toutes les souffrances.

C’était pour moi : j’étais confuse et mon mental très agité ! Je m’attaque donc avec avidité aux chapitres suivants.

Patanjali définit le yoga comme visant à la «cessation des vagues du mental» et l’union entre le corps et l’esprit, mais aussi l’union entre nous et le reste du monde !

Je prends cette dernière phrase pour moi.

Dans ma lecture, je trouve les 8 branches du yoga (ashtanga) dont Patanjali nous parle afin d’atteindre le bonheur. (J’en ai besoin. Donne-moi un max de bonheur !).

Je me suis donc plongée à fond dans les yama et niyama de Patanjali pour essayer de trouver ma sérénité :

1. Yama: 5 conseils pour vivre en harmonie avec les autres.

– ahiṃsā : la non-violence
– satya : la vérité
– asteya : l’absence de vol
– brahmacharya: la modération
– aparigrahā : la non convoitise

2. Niyama : 5 principes personnels à appliquer à soi-même.
3. Asana : la pratique de postures
4. Prāṇāyāma : la pratique d’exercices respiratoires et le contrôle du souffle.
5. Pratyāhāra : le retrait des sens. Mettre ses sens au repos pour être à l’écoute de soi-même.
6. Dhāraṇā : la concentration.
7. Dhyāna: la méditation.
8. Samādhi: l’éveil.

Je les applique :

Ahimsa – la non-violence

Des pensées négatives et hostiles j’en avais plein la tête : je ne voulais pas d’eux, de leurs discussions, de leurs blagues et films «pourris». C’était clairement une sorte de violence et cela m’encombrait l’esprit. N’était-il pas plus simple de se montrer aimant et léger ? J’ai décidé donc de faire preuve de bonté envers autrui et d’accepter leurs différences.

Satya – la vérité

Dans son interprétation la plus simpliste, ce yama fait allusion à toute absence du mensonge. Au moment où j’ai reçu l’appel de cette arrivée «inespérée», j’aurai pu dire que je n’ étais pas là, que je n’étais pas celle qu’ils cherchaient… J’aurais pu inventer un p’tit mensonge «échappatoire», n’est-ce pas ? Mais non, je n’ai pas pu ! J’ai dis donc la vérité. 😉

Asanas – postures

Il me fallait sans doute une petite séance d’asanas pour mieux canaliser mes énergies. Je me suis évidement remise à la pratique le lendemain et hop, je rentrais à la maison légère et souriante. Prête et contente de retrouver mes convives !

Pranayama – respiration

Respirer et contrôler le souffle ! N’était-ce pas mieux pour moi de respirer au lieu de m’étouffer dans cette situation, qui n’était en fin de compte que  temporaire et pas si grave ? Une bonne respiration et tout va mieux !

Voilà, c’est ainsi comment en prenant la voie des sutras, j’ai balayé mon nuage de mauvaises humeurs et de mauvaises pensées pour retrouver toute ma sérénité.

Et puis, bon, elles n’étaient pas si mauvaises leurs blagues et nos différences m’ouvraient à un autre monde. J’ai fini par m’amuser et passer de bons moments ensemble. Je songe maintenant à les revoir et même d’aller voir Madagascar ! Quelqu’un vient avec moi ?

Et toi ? Le yoga t’aide-t-il dans la vie de tous les jours à surmonter tes petits ou gros soucis ?