Le Festival de Cannes Vs Bollywood

21 Mai

C’est l’euphorie sur la Croisette ! Comme tous les printemps, le Festival de Cannes est là en grande pompe. Moi aussi je vais regarder des films et décerner des prix. Mais chez moi, en pyjama sur mon canapé. Loin des paillettes et des flash de cameras !

A l’occasion du Festival, j’ai fait une petite sélection de films, que j’aimerais bien vous présenter.

Ces films, je ne les ai pas encore vu, je vais seulement vous les présenter, histoire de vous donner envie (ou pas) de les découvrir avec moi. Dans un prochain billet, je passerai aux choses sérieuses : donner ma critique. Comme tout bon jury qui se respecte !

Ici, je donnerai un bref synopsis de 4 films qui ont attiré mon attention et ont un sujet commun : le goût de l’Inde. Ça parle épices, poésie, amour, yoga…

Sélection Officielle de mon festival :

  • Le «dabba» de Stanley, 2011
  • Himself He Cooks, 2011
  • The Lunchbox, 2013
  • Le Souffle des Dieux, 2014

Le «dabba» de Stanley

Réalisé par Amole Gupte, Inde – 2011

C’est une fable qui met en scène un groupe d’écoliers et leur petit plaisir quotidien : le casse-croûte de la récréation.

Synopsis :

Stanley est un écolier à Bombay, un gamin inventif et joyeux qui récite des poèmes, aime l’école et est un peu amoureux de sa prof d’anglais. Mais curieusement, à la récrée, il n’a jamais son «dabba», sa gamelle…

Tout va bien jusqu’à ce que son prof de hindi, gourmand et pique-assiette découvre que Stanley mange grâce à ses copains, qui partagent avec lui leur repas. Alors, il ne reste plus rien pour le prof glouton. Résultat : Stanley est interdit d’école. C’est un drame pour lui.

Si Stanley n’a pas de «dabba», c’est que personne à la maison ne cuisine pour lui. Il est orphelin. Aussitôt rentré de l’école, il travaille, probablement sans salaire, dans le restaurant de son oncle, un type méchant…

Ce film montre aussi le système extraordinairement efficace et unique au monde des “dabbawallas” livreurs de “dabbas” à Bombay.

Ils sont mignons ces mômes. Et quel plaisir l’heure du repas. Mais, qu’enferment-elles ces petites boîtes si convoitées ? Ah, je sens que ce film va me faire rire, baver et chialer  !

Himself He Cooks

Réalisé par Valérie Berteau et Philippe Witjes, Belgique, Inde – 2011

Ce film donne à voir la préparation de milliers de repas gratuits, dans le fascinant Golden Temple d’ Amritsar.

Synopsis :

Le Golden Temple (l’équivalent du Taj Mahal pour les Sikhs) est situé au milieu d’un bassin d’eau qu’il faut franchir pour y accéder. Fréquenté quotidiennement par des milliers de pèlerins, il est considéré comme un temple sacré pour les Sikhs qui y pratiquent une cuisine communautaire, le «langar». Le sikhisme, religion monothéiste, rejette le système des castes pratiqué par l’hindouisme. Le mot «sikh» signifie disciple, manière d’être, de rendre service à l’humanité et être tolérant.

Pour préparer, chaque jour, cent mille repas végétariens, très tôt le matin, les Sikhs vont chercher des aliments dans les plaines : pommes de terre, légumes et produits laitiers auxquels ils ajoutent du riz et des lentilles. Le film suit le parcours de ces milliers de personnes qui participent à ce service volontaire «Sevaa». Dans le brouillard du matin, on ramasse des patates, on coupe des oignons et l’on cuisine dans des géantes marmites en fer chauffées au bois.

Ces gestes sont chorégraphiés par les cinéastes. Les images sont pleines de couleurs, sans paroles et sans commentaires, seulement les bruits de fond. De temps en temps une musique vient souligner la sérénité de ce lieu et personnages fascinants.

On se met tous au sikhisme ? En tous cas, j’aimerais bien pouvoir mettre mes mains à la patte et goûter au menu “veggie” du jour !

The Lunchbox

Réalisé par Ritesh Batra, Inde, France, Allemagne – 2013

Dans “The Lunchbox”, une rarissime erreur de livraison fait naître une délicieuse histoire d’amour, de cuisine, de solitude et d’amitié.

Synopsis :

Les dabbawallas ce sont les livreurs des repas à Bombay. Ils livrent qu’il vente ou qu’il pleuve, même pendant les grèves et les manifs, quand toute la ville est bloquée. On estime à 200 000 par jour le nombre de repas qu’ils acheminent. Avec un taux d’erreur de 1/16 millions !

Chaque matin, c’est le même rituel pour Ila : concocter la Lunchbox de son mari avec de délicieux petits mets afin de reconquérir son amour. La Lunchbox est comme tous les jours récupérée par un «dabbawallah» pour être livrée.

Le soir, Ila attend de son mari, des compliments sur son repas, sans succès. Car la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme veuf ronchon en fin de carrière.

Une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère. Ces deux êtres qui ne se seraient jamais rencontrés vont peu à peu se lier d’amitié (et plus ?) par une relation épistolaire. Elle continue à confectionner des repas pour lui, qui attend avec de plus en plus d’impatience les déjeuners cuisinés par cette femme mystérieuse. Ils entament donc une liaison au travers de petits mots cachés dans les «dabbas». Mais progressivement cette idylle, commencera à envahir leur vies réelles…

Quoi, les repas vont tourner au vinaigre ? Ça m’intrigue, mais ce sont les recettes qu’Ila mijote chaque jour dans sa cuisine qui m’intriguent les plus. Ce film sent les arômes des épices et les couleurs de l’Inde. Humm, il sent bon !

“The Lunchbox” est sorti en dvd le 6 mai avec un livret de recettes de cuisine indienne, celles du film. On se le prend ?

Le Souffle des Dieux

Réalisé par Jan Schmidt-Garre, Allemagne, Inde – 2014

Le souffle des dieux plonge dans les origines du yoga moderne.

Synopsis

Le yoga est pratiqué par des dizaines de millions de personnes dans le monde. Mais qui en est son créateur ? S’il descend directement du dieu Shiva selon la tradition indienne, la nouvelle version l’attribue à l’érudit indien T. Krishnamacharya (1890-1989).

C’est cette histoire beaucoup moins connue que ce film veut raconter. Son réalisateur part à la découverte de la vie et les enseignements du maître. Au sein du palais du Maharaja de Mysore, des étudiants célèbres et famille de Krishnamacharya donnent tous leur vision de cette pratique qui est beaucoup plus qu’un simple exercice physique. On y découvre les différents styles et méthodes d’enseignement des maîtres yogis. Les « asana » — les postures, les « pranayama » — les exercices de respiration.

Ce documentaire et composé tout à la fois d’images d’archives très rares et de magnifiques reconstitutions.

Il est le plus récent des films de ma sélection officielle. On peut le trouver encore dans quelques petites salles en France.

C’est un documentaire pour ceux qui aiment, pratiquent et s’intéressent au yoga et l’Inde. La seule chose que je crains c’est qu’il soit un peu lent et qu’il ne parle pas de bouffe indienne !

Bon, le tour est fait. La plupart des films sont déjà en dvd, donc la séance de cinoche peut commencer !

Tu les as déjà vu ? Alors, tu peux nous raconter mais pas la fin, s’il te plaît !!! 😉